Une zone d'exploitation de la bauxite (image d'illustration)

Selon un article paru dans Africa Intelligence, la société bauxitique opérant à Boffa a subi de lourdes pertes estimées à une misère de 70 millions de dollars, les deux dernières années. Pertes liées à la baisse du prix de la bauxite et la diminution des acheteurs dont certains comme Chalco et SPIC, extraient leur propre stock.

Bel Air Mining est une filiale de la société britannique Alufer Mining qui exploite la mine de bauxite de Bel Air à Boffa. Depuis deux ans, ses recettes baissent de façon spectaculaire. Cette perte s’explique par le fait que certains de ses clients sont désormais en train d’extraire leur propre stock. Car ailleurs, la baisse du prix de la bauxite et les restrictions de voyage pour cause de pandémie de Covid-19 ont entrainé une augmentation des coûts du fret.

En fait, début 2020, Alufer vendait la tonne à 50 dollars. Ce prix a chuté à 35 dollars récemment, alors que la société tablait sur 52 dollars la tonne pendant ses études. Elle a tapé poteau. A cette déconvenue s’ajoute que la société dispose de 1,2 million de tonnes de bauxite invendus sur des navires à quai en Chine. C’est une perte énorme, le stockage de ces tonnes induit des frais supplémentaires de 4,5 dollars la tonne. Alufer a contacté des acheteurs pour écouler le stock : Glencor, Trafigura, Traxys, Noble Group, Concorde, Litasco, mais aucune de ces sociétés ne semble intéressée. Cette crise s’explique en grande partie par le fait que le groupe Chalco, qui précédemment achetait la bauxite avec Bel Air Mining, a désormais sa propre mine à exploiter.

Pour arrêter l’hémorragie, le Conseil d’administration s’est réuni pour prendre des mesures, à savoir : maintenir malgré tout, la même capacité de production annuelle de 5,1 millions de tonnes. Cela entrainerait entre 3 et 5 millions de dollars de pertes par mois. Cette décision s’explique par le fait que selon le CA, une baisse de la production ne va rien changer à la situation, 70% des frais de la société sont le fait de coûts fixes. Mais une suspension de la production le temps que le prix reparte à la hausse a été évoquée. D’ici là, la société entend résilier les contrats de sous-traitance et remercier certains travailleurs pour limiter les dégâts.

Source Africa Intelligence

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