Hajj

Cet événement marquant dans la vie des musulmans démarre ce mercredi. Le royaume d’Arabie saoudite a pris de nombreuses précautions, jusqu’à stériliser les cailloux lancés lors du rituel de la lapidation de Satan.

Le hajj est l’un des cinq piliers de l’islam que tout musulman se doit d’effectuer une fois dans sa vie, s’il en a les moyens. Le rite, très codifié, ne peut être observé qu’à des dates précises du calendrier lunaire islamique.

À leur arrivée à La Mecque ce week-end, après avoir en principe respecté un isolement d’une semaine à leur domicile, les pèlerins ont été soumis à des contrôles de santé. Leurs bagages ont été désinfectés. On leur a remis un bracelet blanc qui contient une puce électronique, capable de retracer leurs déplacements. Ils ont été ensuite conduits dans leurs hôtels pour une quarantaine de quatre jours. Les repas leur étaient apportés par le service d’étage. Ce mercredi, c’est dans des bus à moitié remplis qu’ils seront conduits sur le site.

Chacun a reçu dans un sac jaune un kit contenant des désinfectants, des masques, un tapis de prière et un « ihram », ce vêtement blanc sans couture que tout pèlerin doit porter pour les rituels. Selon le ministère du hajj, ils ont aussi reçu des cailloux stérilisés pour le rituel de lapidation de Satan, qui se réalise au troisième jour du pèlerinage.

« Protéger les pèlerins des dangers de la pandémie »

Des équipes d’ouvriers ont désinfecté les alentours de la Kaaba, la construction presque cubique drapée de noir et d’or au cœur de la Grande mosquée de La Mecque vers laquelle se tournent les fidèles du monde entier pour prier. Des bandes de couleur repérant les 1,5 mètre de distance à maintenir ont été posées sur le marbre blanc. Du fait de la pandémie de coronavirus, les fidèles pourront s’approcher mais n’auront pas le droit de toucher la Kaaba.

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« L’objectif principal est que les pèlerins ne soient pas infectés », a déclaré le ministre du Hajj Mohammad Benten dans une interview à la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya. « On n’a pas de préoccupations liées à la sécurité cette année et il s’agit de protéger les pèlerins des dangers de la pandémie », a déclaré aux journalistes Khaled ben Qarar al-Harbi, directeur de la Sécurité publique. Habituellement, c’est l’affluence de milliers de personnes qui suscite les inquiétudes des autorités.

Cette année, l’Arabie saoudite a limité à un millier de pèlerins résidant dans le royaume la possibilité de venir mais selon les médias locaux leur nombre pourrait atteindre les 10 000. Selon Mohammad Benten, des résidents étrangers issus d’environ 160 pays ont déposé leur candidature sur Internet. Seules les personnes âgées de 20 à 50 ans et ne souffrant pas de maladie chronique étaient acceptées. Les « chanceux » ont été sélectionnés en ligne, puis prévenus.

Si la sécurité n’inquiète pas les autorités saoudiennes, c’est tout le contraire de son retentissement dans les médias. La presse étrangère n’a pas été autorisée à couvrir ce qui est généralement un événement médiatique mondial. Et les pèlerins ne peuvent communiquer avec les médias étrangers que par des intermédiaires gouvernementaux.

le Parisien

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