Cour de justice de la cédéao

Il a fallu attendre plus de 7 ans pour que la vérité éclate sur le massacre à Zogota, un village situé dans la région forestière. Dans son arrêt, la Cour a déclaré que la République de Guinée est coupable des cas de morts, de la torture, de détention et arrestation arbitraire notamment.

Une première plainte avait été déposée en 2013 par les ONG Mêmes Droits Pour Tous et son partenaire Advocates for Community Alternatives contre l’État guinéen mais n’a jamais prospéré au tribunal criminel de N’Zérékoré.

Quelques temps plus tard, le dossier sur les crimes de Zogota est transféré devant la cour de justice de la CEDEAO à Abuja, au Nigeria.

Il faut rappeler que ces crimes se sont survenus quand des habitants de Zogota ont protesté contre la politique de recrutement du groupe minier Vale-BSGR chargé d’exploiter les minerais du mont Yono.

Les populations des neufs (09) villages intéressés par le projet se sont révoltés contre les pratiques de la société minière et son sous-traitant ont procédé au blocage des voies d’accès menant au site de la Société avec les troncs d’arbres dans la nuit du lundi 30 juillet 2012 et des installations de la société ont été détruits.

Le jeudi 02 Aout 2012, une mission mixte armée, police, gendarmerie à bord de quinze (15) véhicules dont un camion militaire venus de Macenta, a attaqué le village Zogota aux environs d’1heure du matin.

La répression de protestations a été violent dans cette localité située près de N’Zérékoré, principale ville de la Guinée forestière. Les forces de sécurité se sont livrées à tirer sur des villageois. Cinq personnes sont tuées et une sixième victime, a succombé à ses blessures quelques jours après.

Une répression condamnée par des organisations de défenses de droit de l’homme qui accusent le gouvernement d’en être responsable.

L’État dément et promet la mise en place d’une commission d’enquête pour déterminer les responsabilités. Seulement depuis ces reactions, aucune responsabilité n’a été située.

Le groupe brésilien Vale, associé à celui du milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz (BSGR) au sein du consortium VBG, avait nié toute implication dans ces violences. 

Donc c’est seulement ce Mardi 10 Novembre 2020 que le procès aura lieux et le l’Etat guinéen est reconnu responsable des faits. Par conséquent, la cour de justice de la CEDEAO a condamné la Guinée au paiement 160 000 000 GNF à chaque victime décédée soit 960 000 000 GNF.


L’État est aussi appelé à payer à 15 autres victimes la somme de 240 000 000 GNF chacune, soit trois 3600 000 000 GNF milliards six millions de francs guinéens.
Le gouvernement devra aussi payer des entiers dépens. Le pays n’a que six mois pour exécuter et la Guinée doit adresser à la Cour un rapport d’exécution à l’expiration des délais de six mois à compter de la notification du présent arrêt.

Yacine DIALLO

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